Commémoration du 16 septembre

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Le 16 septembre 2014 à 10h les cloches de l'église ont sonné pour rappeler la libération de Bergues survenue 70 années plus tôt.
Hélas ce même jour une maison piégée explosait rue Nationale, tuant ses occupants et de nombreux passants qui célébraient la fin de l'occupation allemande.

Parmi eux il y eu de nombreux enfants et cet attentat endeuilla de nombreuses familles à Bergues.

En mémoire de ces événements une cérémonie a eu lieu devant le cénotaphe du cimetière, en présence du Sous-Préfet et du Député.

 

 Lire ci dessous le discours de Sylvie Brachet, Maire de Bergues

Chers concitoyens, chers enfants,

Retournons si vous le voulez bien 70 ans en arrière. C'est le 16 septembre 1944, les troupes alliées ont débarqué depuis  trois mois sur les côtes normandes, Paris a été libéré, le retrait des troupes allemandes a commencé.
Les troupes Canadiennes stationnent aux portes de Bergues, à Socx, les blindés  sont bloqués dans leur avancée victorieuse par le système de défense des remparts et des fossés inondés. Depuis plus d'une semaine un déluge d'obus s'abat sur les quartiers de la ville et les habitants encore sur place se terrent dans les caves. Le siège de la ville dure dix jours mais le 16 au petit matin , les soldats allemands quittent la ville, après avoir fait sauté le  beffroi et le clocher de l'église.

Vers 8h30 le drapeau français est hissé sur l'hôtel-de-ville et une foule d'habitants en liesse sort des abris. Ils agitent des drapeaux bleu-blanc-rouge de fortune et se massent devant la mairie pour entonner la marseillaise.

Hélas, peu après les propriétaires, chassés par l'occupant qui avait réquisitionné leur maison  rue Nationale tentent de revenir chez eux : la porte résiste, un FFI passe par l'arrière pour débloquer la porte, et une gigantesque explosion pulvérise les deux maisons encore sur pied, tuant leurs occupants et de nombreux piétons présents à proximité.  En ce jour de libération 42 personnes dont beaucoup d'enfants ont perdu la vie, et de nombreux blessés ont été évacués vers l'hôpital de Socx. Ainsi ce jour à Bergues s'acheva-t-il dans la stupeur et l'effroi.

Je tiens ces témoignages de deux livres, l'un « Flieger Alarm»racontant les souvenirs d'enfance de René VANNORENBERGHE, et l'autre «  Du martyr à la résurrection » plus récent et illustré de Guy ROMMELAERE.

Bergues reçut en 1949 l'étoile d'argent  de la Croix de guerre avec la citation suivante : «fidèle à son glorieux passé, déjà citée à l'Ordre au cours de la guerre 1914-1918, s'est trouvée à deux reprises sous le feu de l'ennemi, systématiquement incendiée par représailles en juin 1940, constamment occupée par la troupe ennemie et libérée après un siège de 10 jours, victime d'un attentat particulièrement odieux qui a coûté la vie à 42 de ses habitants et blessé gravement 50 autres.

Ville héroïque dont la conduite peut servir d'exemple à la Nation.»

A l’issue de la deuxième guerre mondiale le bilan était terrible pour Bergues: 375 maisons entièrement détruites, le tiers restant endommagées, la plupart des édifices publiques incendiés ou en ruine: beffroi, mont de piété, église, tour bleue, citerne militaire, hôpital hospice, école communale de filles.

En ce jour de septembre 2014, 70 ans après les faits, ayons une pensée compatissante pour les 42  victimes innocentes de cette ultime crime de guerre. Rappelons-nous les 20 civils qui furent ensevelis  en juin 1940 dans les ruines de la casemate où ils se croyaient à l'abri des bombes.

Evoquons avec respect et gratitude tous ces soldats dont les corps reposent dans le carré militaire, dans les tombes familiales alentours, soldats tombés au champ d'honneur en 14/18, en 39/45 , lors de la guerre d'Algérie ou d'Indochine, pour que leurs descendants, c'est à dire nous, puissent vivre libres et grandir en paix.

Pour ces gens si proches et si lointains qui nous ont précédés et dont on célèbre aujourd’hui le souvenir, notre cœur est étreint de pitié et d’effroi : ces gens étaient des Français comme nous, ils vivaient à Bergues, ils sont morts dans la violence et la souffrance.

Nous ne pouvons que relire leur noms sur la stèle, et penser qu’ils reposent en paix dans le cimetière communal où les corps ont été ensevelis, et où une gerbe a été déposée pour marquer notre pieux et respectueux souvenir.. 

Et réjouissons-nous de vivre aujourd'hui la Paix et la Liberté qu'ils avaient tant espérées et tant attendue, sans jamais avoir la chance d'y goûter.

Je vous remercie de votre attention.